mardi 17 janvier 2017

Les mains dans la terre - Cathy Ytak

« Chers parents, j'arrête mes études. Je renonce à cette dernière année, à cette carrière annoncée qui n'exige guère d'effort et ne m'apporte en retour aucune satisfaction. Quand vous lirez cette lettre, je serai déjà parti. »

Bouleversé par un séjour touristique dans le Nordeste Brésilien, Mathias comprend que la vie qui l’attend ne correspond en rien à ses aspirations profondes. Ses brillantes études, censées le préparer à reprendre le flambeau de l’entreprise familiale, lui ont inculqué la loi du marché, l’exploitation des peuples et des richesses naturelles comme instrument d’une croissance ne profitant qu’aux riches. Toujours plus pour toujours moins de monde, l’équation le rend malade.

Alors Mathias prend la plume. Dans une longue lettre adressée à ses parents, il explique et justifie ses choix, son changement de vie radical, sa difficulté à l’assumer : « Je viens de briser, violemment, en quelques secondes, la gangue dans laquelle vous, mes chers parents, vous m’aviez enfermé. J’ai, à cet instant, la fragilité d’une chrysalide qui devient papillon et n’a pas osé déplier ses ailes encore molles ».

Cathy Ytak dresse le portrait d’un jeune homme en quête de sens, d’un jeune homme pétri d’idéalisme, prêt à sortir du carcan de l’atavisme. La colère est contenue. Pas la peine de hurler, le ton est serein, les arguments limpides. Mathias est fragile mais convaincu du bienfait de son choix, convaincu qu’il lui faut « vivre autrement, à la mesure de ses vrais désirs et pas à celle des désirs créés par la société dans un but de profit. Vivre à sa place dans le monde sans prendre la place des autres ».

Un roman sensible et engagé, porté par la plume délicate d’une auteure que j’adore, qui assume ses convictions et aime pousser ses lecteurs à la réflexion. Pour le coup l’objectif est atteint, haut la main même !  

Les mains dans la terre de Cathy Ytak. Le Muscadier, 2016. 55 pages. 8,50 euros. A partir de 13 ans.


Une pépite jeunesse que je partage évidemment avec Noukette, comme chaque mardi ou presque.



















24 commentaires:

  1. Pas certaine que ce soit pour moi. Ok, c'est un ado, mais l'extrait "le cocon où VOUS m'avez enfermé" me dérange. Je ne suis pas parent pourtant... bref, je ne sais pas.

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    1. Certains parents fonctionnent comme ça malheureusement.

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  2. Je note jeune homme, n'ai envie de de littérature jeunesse en ce moment !
    Bisous

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  3. Un titre qui sera bientôt lu car il m'attend sur ma PAL !

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  4. Bonjour,
    Oui... mais je n'aimerais pas être à la place des parents. Après avoir lu "Into the Wild", mes garçons avaient de vagues rêves et j'en avais le ventre noué !!!

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    1. Bon là, on est quand même très loin d'Into the Wild ;)

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  5. Encore une pépite jeunesse, avec un vent de liberté, aujourd'hui.

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  6. Je note pour plus tard
    La chenille doit devenir papillon, laissons faire.

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  7. Je suis ravie de voir arriver Cathy Ytak au catalogue du Muscadier ! Joli baptême du feu avec ce titre !

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    1. Elle a parfaitement sa place chez cet éditeur.

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  8. Hmmm... ça m'a l'air quand même très convenu dans le traitement, un peu lisse et cliché, rien que l'extrait de la lettre me hérisse le poil, ça ne sonne pas du tout naturel, trop propre dans l'écriture, presque trop parfait, mais très certainement que les réflexions et la thématique de ce livre servent une noble cause.

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    1. Ce n'est pas si lisse que ça non et perso je n'y ai pas vu de cliché, même si les parents peuvent apparaître caricaturaux, je le reconnais.

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  9. J'ai une nièce engagée, vegan, bio, écologiste, qui assume comme l'auteure ses convictions. C'est un livre qu'elle aimerait découvrir et faire découvrir à d'autres, c'est certain...
    Bon weekend Jérôme!

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  10. J'espère de tout mon coeur avoir laissé la liberté de choix à mes fils et par dessus tout qu'ils seront heureux... Belle chronique :)

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    1. Pas simple la vie de parents, on fait ce qu'on peut ;)

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  11. Un roman qui devrait me plaire...

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