vendredi 8 septembre 2017

Éléphant- Martin Suter

Près de Zurich, Schoch le SDF se réveille au fond de sa grotte nez à nez avec un éléphant rose de 30 cm qui brille dans le noir. Rien d’affolant à première vue, étant donné la cuite qu’il s’est pris la veille. Sauf qu’après avoir dessaoulé, il constate que l’éléphant est toujours là. Le pachyderme, fruit d’une manipulation génétique, a été déposé par un soigneur de cirque voulant à tout prix le protéger. Car le professeur Roux, à la base de l’expérience lui ayant donné la vie, voit dans cette créature improbable un potentiel commercial phénoménal. Avec ses associés, il se lance sur la piste de « son » trésor et compte bien le récupérer coûte que coûte.

Un SDF, une vétérinaire, un chinois, un savant fou, un birman et surtout un mini éléphant rose phosphorescent. Des ingrédients incongrus pour un roman aux faux airs de conte fantastique, parfois proche du thriller, qui interroge sur les avancées de la génétique et plonge avec un réalisme sidérant au cœur du quotidien difficile des sans-domicile-fixe. Le tout en alliant courses poursuites endiablées et moments intimistes, humour noir un poil cynique et questionnements philosophiques.

Martin Suter a bâti son roman sur une implacable chronologie. Il a par ailleurs pris le temps d’échanger avec les plus grands spécialistes de la génétique et de la fécondation artificielle de l’éléphant pour donner à son propos, de prime abord délirant, des références solidement documentées. Pour autant, son art de la concision lui permet de garder en permanence les informations scientifiques au service du récit sans jamais l’alourdir, un vrai tour de force.

Un roman à la construction parfaite, qui se dévore comme un page-turner et surprend par sa profondeur de réflexion. Assurément une des plus belles surprises de la rentrée littéraire (pour l'instant et en ce qui me concerne du moins).

Éléphant de Martin Suter (traduit de l’allemand par Olivier Mannonni). Bourgois, 2017. 356 pages. 22,00 euros.






20 commentaires:

  1. J'ai découvert Martin Suter avec "Le cuisinier". Celui-ci a tout pour me plaire, par son contenu...

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  2. J'aime bien cet auteur donc je vais noter ce roman, je retrouve dans ton billet les qualités que j'apprécie chez lui.

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  3. Un auteur que tu me donnes envie de découvrir.

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  4. Je te fais confiance, merci pour cette découverte que je m'empresse de noter :)

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  5. Oh là là, tu m'intrigues là ! C'est un peu un OVNI ce roman, non ?

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  6. J'ai déjà lu plusieurs romans de cet auteur, j'imagine que celui-ci tient la route, à te lire...

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  7. Je l'avais repéré : à te lire, je suis convaincue !

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  8. Oh mais c'est très très tentant, ça !

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  9. Je ne l'avais pas encore repéré celui-là. Je note !

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  10. Aïe aïe aïe, me voilà terriblement tentée. Je sens que ce roman a tout pour me plaire et ça fait un moment que je me dis qu'il faudrait que je découvre cet auteur ! (bon, par contre, je me fais incroyablement chier avec Zabor, pfiou - j'espère ne pas me tromper avec celui-là)

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  11. Un peu foutraque ce roman non ?
    Si tu as été surpris, je ne demande qu'à l'être également.

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    1. Ah non, il n'est pas du tout foutraque, c'est de l'horlogerie suisse ce roman !

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  12. Le mini éléphant rose phosphorescent ... cela me fait rêver ... mais pour orner mon jardin ou mes étagères, je sens que le roman ne passerait pas, l'incongru drolatique, je vais encore faire ma difficile !

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  13. très mais alors très très tentée!

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  14. Je n'ai lu que du bien de cet auteur mais je ne l'ai jamais lu - un compatriote, pourtant ;-)

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  15. Si je comprends bien, "Le cuisinier" a donné "Un éléphant rose"... Voilà qui est surprenant et j'aime être surprise.

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  16. J'ai lu deux livres de cet auteur et j'avais assez aimé. Donc pourquoi celui-ci ? Des bises

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  17. Je suis entièrement d'accord avec toi. Pour le moment, c'est le meilleur que j'aie lu de cette rentrée(exception faite du roman de Chantal Thomas, mais dans un genre très différent)!

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