jeudi 5 octobre 2017

Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières - Barney Norris

« Les histoires s’entremêlent. Les vies s’entrelacent. Et quand on dessine ces motifs dans l’air, on apprend à connaître un peu mieux l’espace où elles évoluent.
Il y a environ un an, alors que je m’étais arrêté au McDonald’s avant d’aller travailler, j’ai été témoin d’un accident. De la fenêtre, j’ai vu une voiture conduite par un vieil homme percuter une femme à mobylette. J’ai vu un adolescent et une autre femme qui regardaient, chacun d’un côté de la route. La scène avait quelque chose d’irréel, comme une pièce de théâtre. »

Rita était au guidon de la mobylette. Fleuriste et dealeuse occasionnelle au passé difficile, cette quinqua jeune grand-mère peine à joindre les deux bouts. George est celui qui conduisait la voiture. Le jour de l’accident, il venait de perdre sa femme et n’était pas dans son état normal. Sam, un lycéen dont le père est en phase terminal d’un cancer, se trouvait sur un coté du trottoir. De l’autre côté il y avait Alison, une femme de soldat. Son mari absent depuis des mois, elle rumine une existence sans joie avec un fils qui s’éloigne d’elle depuis qu’il est entré à la fac.

Tour à tour ces cinq personnages prennent la parole et racontent leur quotidien. Des vies minuscules unies par un drame aussi soudain qu’inattendu. Tous au mauvais endroit, au mauvais moment…

Finalement je n’ai pas grand-chose à dire sur ce premier roman dont j’attendais énormément. Ce n’est pas qu’il ne m’a pas plu, loin de là, mais je n’ai pas été emporté comme je le pensais. C’était pourtant magnifiquement parti. La voix de Rita est merveilleuse de douleur, de spontanéité, de colère et de résignation. Celle de Sam, tout en fragilité, m’a essoré le cœur. Au bout de 150 pages et de deux narrateurs différents, j’étais plus qu’emballé. Avec George, le soufflé a commencé à retomber. Je suis resté à distance de son chagrin, je l’ai regardé de loin, sans la moindre émotion. Quant à Alison, elle m’a achevé. Pleurnicheuse et geignarde, son journal intime s’est étiré en longueur et ce fut un vrai soulagement d’en venir à bout.

C’est souvent le problème avec un récit choral, il y a à boire et à manger. Ici les histoires de chacun suintent de tristesse, le canevas se tisse pour relier chaque existence et l’ensemble tient solidement debout mais je ne peux m’empêcher de constater que l’ennui m’a accompagné tout au long de la seconde partie. Heureusement, la parole de Liam en conclusion synthétise joliment les trajectoires et offre une touche finale permettant de rester sur une note positive. Pas le coup de cœur attendu donc, mais un premier roman des plus prometteurs et un auteur que je vais suivre de près, c'est une certitude.

Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris (traduit de l’anglais par Karine Lalechère). Seuil, 2017. 300 pages. 20,00 euros.










22 commentaires:

  1. Pas le coup de cœur attendu pour moi non plus, mais je suis nettement plus enthousiaste que toi! Moi, c'est le chapitre sur George qui m'a le plus touchée. Quand à celui sur Sam, j'ai trouvé qu'il sonnait un peu faux, manquant de véracité. Quand à Alison, je suis partagée. Ses pleurnichements m'ont aussi agacée, mais je crois qu'elle souffre de dépression! Alors, ça se comprend mieux, non?!
    Mais au-delà de toutes ces histoires, je reste avec ces grandes réflexions sur la vie et son sens, réflexions disséminées ici et là tout au long du roman. Tu n'y a pas été sensible?!

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    1. tu as aimé George et lui non .. amusant, non?
      moi je souris en lisant "C’est souvent le problème avec un récit choral, il y a à boire et à manger." car c'est bien mon problème avec ce genre de romans.
      Je ne suis donc pas pressée de le lire...

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  2. Pas toujours évident, le roman choral. Cela peut être en effet très casse-gueule si, comme ça semble être le cas ici, les liens entre les personnages ne se font pas et semblent artificiels...

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  3. J'ai prévu de le lire celui-ci, on va voir... J'ai presque hâte du coup pour comparer 😉

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  4. C'est dommage quand on commence un roman plein d'enthousiasme (150 pages, ce n'est pas rien !) et qu'on déchante ensuite... je verrai peut-être en bibli...

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  5. En général, j'aime bien le procédé de roman choral mais c'est vrai qu'il faut que tous soient intéressants. Dommage.

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  6. Qu'est-ce que j'ai aimé ce croisement des voix et l'atmosphère qui s'en dégage.

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  7. J'aime bien les romans choral mais c'est vrai qu'il y a toujours l'un ou l'autre personnage qui semble plus plat, moins intéressant. C'est un joli titre et je le retiens malgré tes bémols. ça m'intrigue!

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    1. Attends de lire mon billet! Je vais enfoncer le clou !

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    2. ah zut, vous douchez mon envie tous les deux... :(

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  8. un roman choral qu'avec des gens qui ne vont pas bien! il t'a peut-être manqué un peu d'humour et de joie de vivre?

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  9. Tu as raison, c'est le problème des romans choral!

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  10. De toutes façons, trop triste comme sujet. J'ai passé 10 ans à voir la vie des gens basculer en un clin d'oeil: je ne peux plus pour l'instant, même en livre.

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  11. Ma PAL, vu la pile sur ma table de nuit, te remercie

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  12. Trop de tristesse et de vies tragiques peut-être pour moi, et pourtant, le résumé me plaisait assez. Bon, enfin, si tu as fini par t'ennuyer en plus, je ne vais pas insister. Ce qui arrange bien sûr ma PAL..:-)

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  13. Bon, il ne me reste plus qu'à le lire pour voir... A priori ce titre m'attire.

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  14. Le roman chorale est un pari. Pas toujours évident d'être brillant dans ce domaine. Le pari était audacieux pour un premier roman.

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  15. L'histoire ne me tentait pas vraiment, alors si tu restes sur ta faim je vais sans doute passer mon tour moi aussi !! ;)

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  16. le genre psycho-drame, très peu pour moi, et si en plus tu t'es ennuyé, je passe plutôt deux fois qu'une!

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  17. Je passe ! Au vu de tout ce que j'ai à lire et comme tu n'es pas plus enthousiaste ... ! ;-)

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  18. Je passe ! Au vu de tout ce que j'ai à lire et comme tu n'es pas plus enthousiaste ... ! ;-)

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  19. Le titre était si beau, si je l'avais croisé en librairie il m'aurait attiré!
    "Quant à Alison, elle m’a achevé. Pleurnicheuse et geignarde" pfffffff quelle horreur mdrrrrrr ^^
    Mais bon, du coup tu me refroidis :D
    Bisous et bonne semaine

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