mardi 10 octobre 2017

T’arracher - Claudine Desmarteau

Elle a le cœur en lambeaux, Lou. Découpé au hachoir, en fines tranches. Depuis que l’histoire avec Toi s’est achevée, elle a plongé. Des nuits sans sommeil, des notes en chute libre. Plus le goût à rien, plus envie de rien. L’année du bac en plus, au moment où l’orientation devient la préoccupation principale des parents. Et devrait aussi être la sienne.

Lou va mal. La fatigue devient insupportable, les yeux se creusent, le corps lâche prise. Et ses coups de poignard dans la poitrine qui viennent la terrasser à n’importe quel moment de la journée. Lou s’enfonce depuis que Tu es parti, c’est bien plus qu’un chagrin d’amour, c’est une blessure, une douleur, une cicatrice impossible à refermer.

Un roman qui claque. J’avais découvert la plume de Claudine Desmarteau il y a des années avec son personnage de Gus, un sale gosse très drôle à la langue bien pendue. Je la retrouve ici dans un registre différent, sombre, torturé, dérangeant. Lou se confie. Elle écrit comme elle parle. Et elle ne cache rien de ses états d’âme. C’est cash, ça agace souvent, ça touche énormément. On a envie de la secouer, Lou, de lui dire d’aller de l’avant, de penser à demain plutôt qu’à hier. On la sent trop borderline, on se dit qu’elle va trop loin, qu’elle a besoin d’apaisement. Et d’un avenir où le champ des possibles, même réduit à son strict minimum, lui offrirait quelques signes d’espoir.

Un roman jeunesse qui gratte là où ça fait mal, qui montre une souffrance d’ado sans filtre ni pincette. Un roman jeunesse difficile à encaisser dont on sort rincé et essoré, mais que l’on n’oubliera pas de sitôt.

T’arracher de Claudine Desmarteau. Édition Thierry Magnier, 2017. 160 pages. 13,80 euros. A partir de 15 ans.


Et une nouvelle pépite que j'ai le plaisir de partager comme chaque mardi avec Noukette.



10 commentaires:

  1. c'est bien quand ça gratte! à noter alors!

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  2. Un roman que tu mettrais entre les mains d'ados ?

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  3. Une excellente idée ce roman. Les adultes qui disent aux ados que ça passera ont dû oublier leur adolescence. Ce n'est pas si facile de penser à demain, ça m'arrache toujours le cœur de les voir souffrir sans pouvoir rien faire.

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  4. Outch... Percutant ! Si je le croise plus tard à la bibliothèque je le prendrai.

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  5. Un roman sans filtre oui, criant de réalisme... ça fait du bien !

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  6. Je note. La couverture fadasse contraste assez avec le contenu. Je n'y serai pas allée sans vos chroniques !

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  7. Si ça gratte, si ça pique, je ne suis pas contre l'idée de découvrir ces pages...

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  8. waw! comment passer à côté? je me mets en quête tout de suite!

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  9. Il faut voir, pas sûre d'avoir envie de lire ça maintenant (le mal être des toutes jeunes filles...)
    Est ce qu'on peut parler de la couverture ou bien ?

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