dimanche 25 mars 2018

Un autre Brooklyn - Jacqueline Woodson

August a débarqué à Brooklyn à 12 ans. Arrivée du Tennessee avec son père et son petit frère, la jeune fille espère chaque jour que sa mère, dont elle n’a plus de nouvelles, finira par les rejoindre. D’abord confinés dans l’appartement familial, les enfants mettent peu à peu le nez dehors. Et pour affronter les rues du quartier, August se trouve des amies. Avec Sylvia, Angela et Gigi elle va grandir, fréquenter les garçons et traverser les turpitudes  des années 70, de la guerre du Vietnam à l’influence grandissante de la Nation de l’Islam sur la communauté noire, de la violence des rues  à l’espoir d’un avenir meilleur, des premiers amours aux premières déceptions.

Le roman s’ouvre sur l’enterrement du père. A la faveur d’un trajet en métro August croise un visage connu, pas revu depuis des dizaines d’années. A partir de là les souvenirs affluent de manière anarchique, fragments d’un passé qui semblait oublié. L’écriture est elliptique, le rythme saccadé. La narratrice mêle l’intime et le politique, la culture et la religion pour dire la place d’une adolescente noire dans un des quartiers les plus pauvres de New-York.

Procéder par petites touches n’a pas que des avantages. Les multiples paragraphes se concluant souvent de façon brutale offrent de la nervosité au récit et rappellent une construction proche de l’impressionnisme. Mais au final ces petites touches ne m’ont pas permis de discerner le tableau dans son ensemble, le roman, en manque de liant, perdant peu à peu de son intérêt pour sombrer dans l’anecdotique. Les fils du canevas ne sont pas suffisamment serrés pour qu’il se tienne solidement, c’est du moins le désagréable sentiment qu’il me reste de la lecture de ce petit roman que j’aurais pourtant aimé apprécier davantage.

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson (traduit de l’américain par Sylvie Schneiter). Stock, 2018. 166 pages. 18,00 euros.













13 commentaires:

  1. J'ai déjà lu un article de la même tonalité... Je passe !

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  2. Bon, à vue de nez comme ça je ne me serais pas précipitée et tu confirmes que ce n'est pas l'urgence du moment. Tout va bien pour ma LAL, je repars légère.^^

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  3. Le titre m'attirait. Pour l'intrigue, j'ignorais de quoi il était question. Du coup, je suis beaucoup moins tentée. Je vais me fier à ton irréprochable bon jugement et passer mon tour!

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  4. En lisant ce passage : "A partir de là les souvenirs affluent de manière anarchique, fragments d’un passé qui semblait oublié. L’écriture est elliptique, le rythme saccadé.", je me suis dit que cela ne devait pas être facile à suivre... Tu confirmes ! Dommage.

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  5. Au vu de ce billet déçu, je passe mon tour également...

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  6. Je l'ai feuilleté, il m'a semblé vraiment très court... en plus, ton avis n'est pas le seul dans cette tonalité...

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  7. Personnellement, j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé l'ambiance et justement les souvenirs qui reviennent à August.

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  8. Si ça manque de liant, c’est que c’est raté ... écrire de façon fragmentaire c’est risqué pour un roman ...

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  9. Je crois que même si tu avais aimé, je n'aurais pas noté. Voilà, cher Jérôme, je passe pour te dire : Bonne semaine !

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  10. J'aurais moi aussi aimé l'apprécier davantage ...

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  11. Comme toi, je n'apprécie pas quand un roman manque de liant.

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  12. Tu mets très exactement le doigt sur ce que je craignais en lisant les billets sur ce roman. Ca m'avait déjà fait ça avec un roman que tout le monde semblait aimer, Les douze tribus d'Hattie.

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  13. j'ai lu ce livre moi aussi sans grand enthousiasme mais le ton est très juste.

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